A la suite des différentes annonces du Gouvernement en matière budgétaire pour le sport français et les nombreuses réactions au sein de son réseau, l’Association Nationale Des Élus en charge du Sport (ANDES) a fait part de sa profonde inquiétude et de ses craintes pour l’avenir du sport français.

Le mouvement sportif, par la voix du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et de l’ensemble des Fédérations sportives nationales, a également lancé un cri d’alerte de son côté.

En tant qu’élu fédéral au sein d’une Fédération sportive olympique, mais aussi d’élu local délégué au sport au sein d’une collectivité territoriale, je m’associe pleinement à cette inquiétude, qui aura pour conséquence de mettre le sport français en danger, à commencer par le « sport pour tous » au sein des clubs sportifs de nos territoires.

Il faut savoir, tout d’abord, que dans le cadre du projet « Action publique 2022 », c’est une nouvelle baisse prévisionnelle de – 6.2 % du budget du Ministère des sports (450M€ soit 30M€ de moins) qui a été annoncée pour 2019. Ajoutée à la diminution de moitié des crédits CNDS (Centre National pour le Développement du Sport), cette diminution s’inscrit dans le prolongement des réductions successives depuis une dizaine d’années.

Alors que les Jeux olympiques et paralympiques en 2024 à Paris doivent servir d’aiguillon pour une France active et sportive, le Budget sport de l’État – le plus faible de la Nation avec 0.13% du PIB – a servi à nouveau de variable d’ajustement.

Concernant la suppression de 1 600 postes ETP (Équivalents Temps Plein) prévue d’ici 2022, correspondant au nombre de Conseillers techniques mis à disposition auprès des fédérations et à plus de la moitié des effectifs du Ministère des sports, cette annonce interpelle désormais sur le rôle et sa capacité à accompagner l’évolution du modèle sportif et à pallier les inégalités d’accès à la pratique.

Après la réduction drastique des effectifs des services des sports dans les Directions départementales (DDCSPP) puis le regroupement des Directions régionales (DRJSCS), ces orientations auront un impact considérable sur l’avenir du sport français.

Selon la lettre de cadrage du Premier Ministre, cette « transformation va laisser un espace aux collectivités et au mouvement sportif à qui l’État souhaite donner la main ».

Ce recentrage de l’État vers le sport de haut niveau et son désengagement avéré vis-à-vis de ces missions vers le sport pour tous auront des conséquences sur le maintien du service public du sport dans les territoires.

En effet, les collectivités territoriales et notamment les communes ne pourront assumer à elles seules les dépenses liées au sport, avec notamment la charge et l’enjeu majeur de la rénovation d’un parc sportif vieillissant avec plus de 22% des installations ayant 50 ans d’âge.

Faut-il le rappeler, les communes sont déjà de loin le premier financeur public du sport en France, avec plus de 12 milliards € de dépenses publiques par an, la propriété et la gestion de 200 000 installations (soit 80% du patrimoine sportif) et 37 000 espaces et sites de nature.

A cela s’ajoute les installations mises à disposition gracieusement auprès des 300 000 associations sportives en France, que les communes soutiennent à hauteur de 1.3 Mds €/an, soit plus d’un tiers de leur budget annuel en moyenne. Leurs efforts et leurs contributions sont plus que déterminants pour que la France active et sportive rayonne.

Ce sont les élus locaux en charge du sport qui sont au contact quotidien des associations et qui connaissent parfaitement leurs problématiques de terrain et leurs inquiétudes. Aujourd’hui, ces mêmes artisans du sport dévoués à leur territoire connaissent de nombreuses difficultés pour servir leurs citoyens.

Au-delà des chiffres et de l’aspect conjoncturel, au sein de l’ANDES, nous sommes conscients de la nécessité de revoir en profondeur l’organisation générale du sport en France, son efficience et l’optimisation des moyens publics et privés.

Avec plus de 35 millions de pratiquants, l’enjeu sociétal du sport pour tous est essentiel pour la Nation, que ce soit en matière de santé, de lien social, d’éducation mais également de vecteur économique et d’emplois.

Le poids des activités physiques et sportives dans la vie quotidienne des français est incontournable et prégnant, avec l’accroissement du temps libre des concitoyens et les enjeux de leur santé, il le sera encore plus dans les années à venir.

C’est la raison pour laquelle, avec l’ANDES, nous soutenons la mobilisation générale du Monde sportif dans l’objectif d’obtenir des moyens adéquats de financement du sport français avec le déplafonnement des taxes affectées au sport, et souhaite aller plus loin encore.

De nombreuses propositions d’initiatives convergent vers une forte volonté de marquer la force du tissu associatif et de valoriser les enjeux des activités physiques et sportives.

Le 20 septembre prochain, l’ANDES définira sa stratégie globale sur ce sujet lors du prochain Comité directeur qui aura lieu à Lyon.

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