Le Conseil départemental de la Haute-Saône, par la voix de son Président Yves KRATTINGER, a émis l’hypothèse de la fermeture de cinq collèges dans notre département.

La baisse drastique des dotations de l’État, la hausse de certaines dépenses et les contraintes financières ainsi provoquées pour les budgets des collectivités locales nécessitent souvent des arbitrages délicats pour les élus. Les deniers publics sont devenus rares et donc précieux.

Néanmoins, faire des économies ne veut pas dire supprimer !

L’éducation doit être une priorité de nos politiques publiques, et permettre à nos enfants d’apprendre dans les meilleures conditions est le gage de la réussite de l’enseignement scolaire qui leur est dispensé. Personne ne le contestera.

De la même manière, l’aménagement équilibré du territoire et le maintien des services publics en milieu rural sont des éléments indispensables pour éviter la désertification de nos territoires, déjà passablement éprouvés. Ce sujet est également défendu par tous !

Il est donc capital de ne pas prendre, une nouvelle fois, de décision qui obèrerait gravement l’avenir de nos territoires de Haute-Saône et de nos enfants !

Fermer le collège Gérome à Vesoul, le collège Mathy à Luxeuil-les-Bains et les collèges de Vauvillers, Champlitte et Faucogney serait une décision grave, profondément nuisible pour l’éducation de nos enfants, mais aussi pour l’équilibre du territoire que tous les élus appellent de leurs vœux.

La suppression des deux collèges de Vesoul et de Luxeuil-les-Bains, en cœur de villes, provoquerait le regroupement des élèves dans de grands ensembles scolaires impropres à un enseignement de qualité, déjà malmené par une mauvaise réforme du collège.

De la même manière, la suppression de trois collèges en milieu rural comme Faucogney, Vauvillers et Champlitte engendrerait l’augmentation des temps de transports scolaires pour nos enfants, difficilement compatible avec une journée scolaire sereine et efficace !

Aussi, nul besoin d’appeler à un soutien personnalisé aux élèves, à une réforme des rythmes scolaires sensée faciliter les apprentissages de nos chères têtes blondes, à une augmentation du nombre d’enseignants ou à de multiples mesures destinées à améliorer l’éducation de nos enfants, si l’immobilier scolaire géré par les départements va à l’encontre de ces dispositifs, aussi efficaces fussent-ils.

Au-delà des aspects éducationnels, la disparition des collèges de proximité serait mortifère pour l’avenir de nos territoires ruraux : les collèges, comme tous les services, équipements et établissements publics concourent évidemment à l’attractivité des territoires. Nos concitoyens auront toujours tendance à s’installer à proximité des équipements dont ils ont besoin au quotidien, d’autant plus s’il s’agit de l’éducation de leurs enfants !

Supprimer ces cinq collèges augmenterait donc encore ce sentiment de désertification de nos territoires par les services publics, alors même que tous les élus appellent à inverser la tendance !

Lors de la réunion du 14 mars prochain, j’appelle donc les élus du Conseil départemental, comme nombre de nos concitoyens, à ne pas prendre de décision contraire à l’avenir des territoires ruraux de notre département, contraire à la priorité que doit rester l’éducation de nos enfants.

Les autres pistes d’économies proposées doivent être sérieusement étudiées, contrairement à une décision qui serait brutale et précipitée, sans concertation véritable, parfois basée sur des études approximatives et discutables, comme le Conseil régional de Franche-Comté l’avait déjà fait avec son « plan lycées » en 2014.

Oui, des économies peuvent et doivent être réalisées par les collectivités locales, mais pas sur le dos de l’éducation de nos enfants, pas sur le dos de l’attractivité de nos territoires. D’autres choix doivent être faits, d’autres pistes existent, notamment dans le fonctionnement des institutions ou dans la mutualisation de moyens.

Le maintien des services publics en milieu rural et le souci permanent de l’éducation de nos enfants ne doivent pas être uniquement des slogans de campagnes électorales, mais bien représenter une volonté qui doit être mise en œuvre dès lors qu’on siège dans une assemblée. Demain, lors de la réunion de l’assemblée départementale, les élus de la majorité auront l’occasion de le démontrer.

Ce lundi 14 mars, comme de nombreux élus locaux et nationaux, je serai donc à 15h30 aux côtés des hauts-saônois devant le Conseil départemental pour rappeler leurs engagements aux élus départementaux de la majorité, pour défendre nos territoires ruraux et l’avenir de nos enfants.

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